A) Dressage de base
Il ne s'agit pas des figures de dressage académique, mais de tout ce que
doit savoir-faire un cheval d'endurance.
Ce dressage vise les objectifs suivants :
- Le préserver pour avoir une carrière longue.
- Réaliser les meilleures performances possibles.
- Être agréable … monter. Être un véritable partenaire dans l'effort.
Pour atteindre les 3 objectifs précédents il faut rendre le cheval :
- "juste" dans ses attitudes de travail.
- Équilibré longitudinalement quelle que soit la situation.
- Cadencé au mieux dans chaque allure.
Un entraînement sur un cheval Dressé (selon ces critères) le rend de plus
en plus fort.
Le même entraînement sur un cheval "mal mis" va le ruiner lentement.
1er) Attitude juste et rectitude
L'attitude du cheval est obtenue par les positions respectives des
différents segments de sa colonne vertébrale. Le cheval ne
"fonctionne" bien que si chaque maillon de cette chaîne est
correctement orienté.
Le mouvement en avant naît de l'impulsion du cheval. Les postérieurs poussent
l'ensemble de la masse cheval-cavalier. Cette force est transmise à travers les
hanches, les reins, le dos, le garrot puis l'encolure, la nuque et la bouche
pour aboutir à une légère tension dans les rênes.
Une bonne attitude de travail :

Explication :
Les postérieurs sont engagés sous la masse les hanches sont légèrement
fléchies - les reins et le dos sont toniques et transmettent la poussée - le
garrot est élevé au-dessus des épaules - l'encolure est arrondie - la nuque
est fléchie la bouche a un contact constant et doux avec la main.
Une mauvaise attitude :

Explication :
Les postérieurs restent derrière (ils ne poussent pas) les hanches sont
hautes - le dos est creux et il porte mal le cavalier - le garrot est effondré
(descendu entre les épaules) - l'encolure est à l'envers - la nuque est
crispée et mal orientée - la bouche du cheval tire les rênes vers le haut.
Ce cheval est peu contrôlable, désagréable … monter et il se fait mal en
travaillant.
Rectitude et symétrie au travail.
Le cheval pousse sa masse avec ses postérieurs et ses hanches. Celles-ci
doivent être dans l'axe et non pas décalées sur le côté.
Si le cheval prend l'habitude de pousser de travers, il va fatiguer un côté
plus que l'autre. Il faut trotter et galoper autant à droite qu'à gauche. Au
trot principalement il faut que le cheval ne "se traverse pas", c'est
à dire que ses postérieurs soient bien dans les traces de ses antérieurs.
2éme) Équilibre.- La maîtrise de l'équilibre longitudinal
(avant / arrière)
A l'état naturel, et plus encore avec un cavalier, le cheval surcharge ses
antérieurs.
Ceux-ci portent les 2/3 du poids total. Cela explique la conformation des
antérieurs et le nombre plus fréquent de boiteries (non-musculaires) qu'on
rencontre sur ces membres.
L'équilibre longitudinal, c'est la répartition du poids entre les antérieurs
et les postérieurs. Si on laisse le cheval dans un équilibre trop surchargé
au niveau des épaules au moment de passer des difficultés : on augmente les
risques (de chute, d'entorse, de bleime et de tous les traumatismes des
membres antérieurs... )
Il faut en douceur transférer du poids de l'avant-main sur l'arrière-main : Le
cheval arrondit et relève son encolure, il plie sa nuque et engage ses
postérieurs sous lui. Dans ce nouvel équilibre il est plus adroit, plus
disponible et plus précis.
Cela s'obtient en ajustant les rênes, en mettant les jambes au contact, puis en
reculant les épaules sans tirer sur les rênes par un recul des mains. On a
besoin de le rééquilibrer dans les cas suivants:
. Abord d'un sol difficile, profond, caillouteux.
. Abord d'une descente.
. Besoin de précision dans la direction.
. Besoin de varier l'attitude du cheval pour qu'il ne travaille pas figé.
3éme) Cadence
Cadence : Rythme des foulées au trot ou au galop, elle peut être plus ou
moins rapide. C'est le tic-tac régulier du métronome qui se mesure en nombre
de coup par minute.
Pour augmenter la vitesse du cheval, on a 2 possibilités :
- Soit augmenter la cadence des foulées,
- Soit augmenter l'amplitude de chaque foulée.
Si on augmente la cadence, le cheval précipite ses gestes : C'est peu efficace
et cela le fatigue beaucoup.
Si on augmente l'amplitude, c'est à dire si chaque foulée devient plus ample,
plus longue : C'est plus efficace, mais il y a une limite quand le geste devient
exagéré, (au trot on voit parfois des chevaux dans un grand "trot de
maquereaux", ils semblent désarticulés et fatiguent exagérément pour
rien). Dans ce cas il est plus économique de passer au galop pour obtenir la
même vitesse.
C'est la cadence de voire cheval qui vous aidera à mieux percevoir le
"train" dans lequel il est à l'aise. Si on sort un cheval de sa
cadence, on le fatigue et on l'abîme.
Une bonne cadence correspond à un geste libre, non forcé et économique.
Chaque cheval a sa cadence optimale au trot et au galop, il faut apprendre à
les connaître, les travailler et les respecter.
Pour connaître la cadence de son cheval :
a) le sortir seul pour éviter d'être tiré par les autres. Au cours d'une
sortie longue, on le détend et on l'échauffe pour éliminer l'excitation du
départ. Puis, on repère ses foulées, son rythme et sa respiration à un
moment ou il est actif et volontaire.
b) le sortir en groupe et monter un autre cheval pour observer ses allures : A
quel moment est-il à l'aise ? A partir de quand force-t-il ses gestes ? (Au
trot : épaules qui sortent, genoux qui montent ou antérieurs qui billardent
plus, postérieurs qui s'écartent... ).
Pour travailler la cadence de son cheval :
On garde la bonne cadence et on augmente l'amplitude. Chercher, tout en restant
dans ses rythmes propres et ses gestes économiques, à allonger la foulée (ne
pas aller jusqu'aux gestes du trot exagérés et nuisibles).
Respecter en course la cadence de votre cheval :
- Choisissez des compagnons de route compatibles avec les allures de votre
cheval et préférez un petit galop équilibré à un grand trot précipité.
En plus de toutes ses autres capacités, le cavalier d'endurance doit être
capable de se rendre maître non seulement de la vitesse mais aussi de
l'attitude, de l'équilibre et de la cadence de son cheval.
- Choisir son allure (trot ou galop) en restant à la même vitesse.
A vitesse égale c'est vous qui choisissez entre le trot et le galop pour des
raisons de nature du terrain, d'économie d'effort, de préservation des
membres, de modifications d'attitude et d'équilibre du cheval :
- Effectuée un changement de pied au galop sans repasser par le trot. (Il y va
de votre sécurité de prendre un tournant serré sur le bon pied.)
B) Gymnastique et musculation du cheval d'endurance
Il y a 2 raisons pour gymnastiquer un cheval d'endurance :
1er) C'est la seule façon de le faire progresser dans son dressage et de se
rendre maître de son attitude, de son équilibre et de sa rectitude.
2ém) Cela améliore ses performances. L'entraînement pour la course ne
consiste pas seulement à lui faire parcourir des distances de plus en plus
longues. Il faut impérativement lui faire effectuer des exercices pour
l'assouplir et le muscler. Il faut le travailler "dans le bon sens",
Il est excellent d'effectuer une série d'exercices de gymnastique par semaine
tout au long de l'entraînement.
Quels types d'exercices ?
Il y a deux possibilités suivant les connaissances équestres du cavalier. Le
meilleur résultat est obtenu en combinant les deux types :
1ere) Travail classique du cheval sur le plat. Il nécessite une bonne
technique équestre et il est bon de le faire périodiquement sous la
surveillance d'un professionnel.
Il consiste en assouplissements traditionnels : Incurvations, épaules en
dedans, cessions à la jambe......
Rappels :
Toujours commencer par les assouplissements latéraux avant les longitudinaux.
Entrecoupez les exercices par de fréquentes mises en avant.
Le saut d'obstacles peu élevés est un bon travail de musculation.
2eme) Travail en terrain varié : A effectuer dans le calme, progressivement.
C'est à la fois une musculation et un assouplissement.
Au pas dans des dénivelles importants, des bosses, des trous. En montée et en
descente,
Attention : Rênes assez longues pour laisser le cheval se servir de son
encolure, et assiette légère pour laisser le dos du cheval jouer librement.
Au pas, en voltes, petits cercles et serpentines autour des arbres. Par des
effets de rêne d'ouverture afin que l'encolure s'incurve dans le même sens que
le reste de la colonne vertébrale du cheval.
On peut combiner les deux et effectuer des exercices d'incurvations
(assouplissements latéraux) dans les pentes (assouplissements longitudinaux).
G. PICARD
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