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Techniques cheval : Effort et récupération

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24/04/2008 18:01:10


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La connaissance de la physiologie de l'effort du cheval d'endurance permet de tirer les enseignements applicables concrètement sur le terrain.
Pour la clarté de l'exposé nous n'avons retenu que les grandes lignes de cette physiologie.

Remarque: Toutes les connaissances de physiologie, d'entraînement... ne sont applicables et utiles que pour un cheval entretenu correctement et en état.
C'est à dire : vermifuge régulièrement et alimenté d'une manière équilibrée, sans surcharge de poids.

1 - Les différents types d'effort du cheval

Au cours d'une épreuve d'endurance le cheval fournit des efforts de types différents caractérisés par leur intensité, leur nature et leur durée. Chaque type d'effort fait appel a un métabolisme particulier qu'il est nécessaire de connaître pour mieux comprendre son cheval, donc mieux l'entraîner et mieux courir.

A - le métabolisme anaérobie alactique

C'est le métabolisme du sprint, du saut, de l'effort court et violent. C'est aussi le démarrage de tous les types d'effort (y compris l'endurance) :
- Durée moins d'une minute
- Intensité maximale
- Carburants : phosphagéne (ou A.TP.) disponible immédiatement dans le muscle
- Déchets Chaleur (calorie)
- Applications : La puissance disponible est ‚norme (et renforcée par l'excitation du départ) mais elle s'applique à un corps froid et raide d'où un risque certain nombre de lésions.

Remarque:   Anaérobie signifie sans consommation d'oxygène.
                    A-lactique signifie sans production d'acide lactique.

Au bout de 1 mn les réserves de carburant disponible immédiatement dans le muscle sont épuisées et il est nécessaire de faire appel à un autre métabolisme énergétique. Il y a deux solutions qui correspondent aux deux autres types d'effort :

B - le métabolisme aérobie

Si l'intensité de l'effort est inférieure à 40% de l'intensité maximale le cheval est en AÉROBIE.

C'est la filière principale de l'effort d'endurance :
- Durée : en principe illimitée
- Intensité : jusqu'à 30 à 40% du maxi
- Carburants : Oxygéner fournit par la respiration et Acides gras (lipides)
- Déchets : Chaleur seulement (calories)
- Applications : Le carburant est illimité (lipides et oxygène) ce n'est donc pas lui qui limitera la durée de l'effort. Les déchets autres que la chaleur sont recyclés aussitôt et entravent peu la poursuite de l'effort. La fatigue qui, à la longue, surviendra tout de même est due à un ensemble de micro déséquilibres dans les échanges liquidiens.

Seule la chaleur dégagée par l'effort est nuisible si elle n'est pas évacuée au fur et à mesure.

Il faut un certain temps pour la mise en place de cette filière énergétique :
Au bout de 20 mn de fonctionnement le métabolisme du cheval est en équilibre dans la voie aérobie

A - le métabolisme anaérobie lactique

Quand l'intensité de l'effort est supérieure à 50% de l'intensité maximale on est en Anaérobie Lactique.
- Durée : de 3 mn à 20 mn selon l'intensité
- Intensité : 50% et plus
- Carburants : glucose sanguin et glycogène contenu dans les muscles et le foie.
- Déchets : acide lactique qui se dépose dans les muscles et chaleur.
- Applications : Il est parfois nécessaire d'utiliser en course la puissance du cheval : Gravir une pente sans trop "rétrograder", faire une accélération plus ou moins longue pour les besoins de la course... A chaque fois que l'on fait appel à cette puissance on entame le capital non renouvelable et on stocke des déchets qui perturbent l'ensemble de l'organisme. C'est l'accumulation d'acide lactique dans la cellule musculaire qui est le facteur limitant principal de ce type d'effort. (C'est le responsable des courbatures).

Il y a une ZONE DE TRANSITION entre les seuils aérobie et anaérobie (voir schéma).
- Au-dessus du seuil aérobie on commence à produire des lactates mais il y en a peu et l'organisme arrive a les recycler aussitôt.
- Au-dessus du seuil anaérobie la production de lactates dépasse les capacités de recyclage. Ils s'accumulent dans le muscle et mettent en péril son intégrité.

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REMARQUES:

A haut niveau pour conduire l'effort du cheval il est utile de connaître la valeur des seuils aérobie et anaérobie de son cheval.

Dans certains cas des tests d'effort permettent de mieux les cerner.

Protocole : on fait effectuer au cheval des efforts progressifs (on augmente la vitesse par palier) et on dose les lactates dans le sang à la fin de chaque palier.
La lactatémie est la concentration de lactates dans le sang elle s'exprime en milligramme par litre de sang (mg/1) ou en millimole par litre (mmole/1).
Le seuil aérobie correspond à une intensité de travail qui fait apparaître 2 mmole/1, le seuil anaérobie 4 mmole/1
On peut ainsi déterminer les vitesses correspondant à chaque seuil ce qui est révélateur du niveau d'entraînement et de performance du cheval à un instant précis.
Ces tests peuvent compléter la perception directe que le cavalier a de son cheval, mais ils ne peuvent en aucun cas la remplacer.
En particulier les vitesses obtenues pour des temps d'effort très court (paliers de 3 mn) ne sont pas applicables en course.
L'écoute et l'expérience du cavalier lui permettront de mieux connaître son cheval et de retrouver en compétition les seuils qui marquent le changement de métabolisme.

CONSÉQUENCES PRATIQUES :

Le franchissement du seuil aérobie est comparable pour un moteur à l'entrée dans une zone rouge car on ne peut rester longtemps au-dessus de ce seuil.
Sur le terrain la difficulté principale est de reconnaître le passage d'un métabolisme à l'autre car ce n'est pas seulement une question de vitesse.
Il faut tenir compte des paramètres qui peuvent abaisser la vitesse correspondant au seuil aérobie (parfois la diviser par deux).
Ces paramètres sont les suivants :
La pente, l'altitude et le degré de fatigue du cheval modifient l'intensité et la nature du travail musculaire du cheval.
La température, l'humidité de l'air (degré hygrométrique) entravent la dissipation de la chaleur.
Tout l'art consiste à doser convenablement l'effort, à gérer les temps forts et les temps de récupération active tout au long de la course.

2 - RÉCUPÉRATION DE L’EFFORT

Rappel :
Dans l'effort aérobie l'oxygène apporté par la respiration est suffisant pour alimenter "le moteur" : il y a équilibre.
Par contre, dés que l'on passe au-dessus du seuil anaérobie, il y a stockage de déchets (acide lactique) et création d'une dette d'oxygène.
La dette est proportionnelle à la durée et à l'intensité du surcroît d'effort.
L'organisme va devoir rembourser cette dette après la fin de l'effort.
C'est-à-dire qu'il va continuer à fonctionner à haut régime tant qu'il reste des déchets à recycler (fréquence respiratoire et surtout fréquence cardiaque élevées).
C'est une des raisons du contrôle de la fréquence cardiaque. Si vous avez dépassé les capacités de votre cheval : la dette d'oxygène est longue à rembourser et la fréquence cardiaque ne descend pas rapidement.
Récupération active : Il est possible de rembourser une dette d'oxygène légère tout en continuant de courir. Après un effort important, vous êtes entré en zone rouge, vous avez produit des lactates et une dette d'oxygène. Si vous trottez calmement en dessous du seuil aérobies au bout d'un moment le cheval commence à récupérer et reste dans la course.

3 - DÉROULEMENT D'UNE COURSE

Nous allons suivre le déroulement d'une épreuve et replacer dans ce contexte les données théoriques se rapportant à chaque phase.

a) avant le départ

Ne pas nourrir dans les 2 heures avant le départ car la masse sanguine occupée par la digestion ne sera plus disponible pour le démarrage de l'effort.
La mécanique est froide, les mouvements même s'ils sont énergiques ne sont ni très précis, ni contrôlés.
Il faut mettre le cheval sur ses pieds. Échauffer progressivement les articulations et le dos. pratiquer des étirements, faire marcher le cheval, lui faire effectuer des exercices d'assouplissement.
Cela permet en plus de "vérifier les commandes", de mettre le cheval aux ordres et d'échauffer le cavalier.

b) la première demi-heure

C'est le moment ou il faut gérer l'excitation, ne pas gaspiller trop d'énergie. "Les circuits du cheval vont s'ouvrir" progressivement. Il faut essayer de ne pas les saturer à ce moment-là pour permettre l'installation du métabolisme aérobies
Au bous de 20 à 30 mn, l'équilibre aérobie est atteint, on sent que le cheval a trouvé son second souffle, son allure de croisière.

c) les phases d'effort moyen

Si le cheval est dans les allures correspondant à son niveau d'entraînement il est en équilibre aérobies on a l'impression qu'il peut aller jusqu’au bout du monde.

Les problèmes :
1 - Évacuer la chaleur produite par l'effort. Doucher, refroidir aussi souvent que nécessaire en fonction de la température ambiante. Un fort taux d'humidité dans l'air augmente le risque d'hyperthermie.
2 - Compenser les pertes de sueur : c'est à dire les pertes d'eau et les pertes d'éléments minéraux contenus dans la sueur.

Pour éviter la déshydratation il faut habituer le cheval à boire souvent et toutes les eaux qu'on lui propose (différence d'odeurs). Un début de déshydratation s'accompagne souvent d'un arrêt de la soif qui aggrave le problème.

d - les efforts plus importants

(Les grandes côtes et les allures vives de plus d'une minute).
Le cheval est dans la zone rouge (au-dessus des seuils aérobie et anaérobie).
On ne peut y rester longtemps : La difficulté est d'en doser la durée et l'intensité. Il faut qu'à la fin de cet effort supplémentaire le cheval soit même de récupérer tout en restant dans la vitesse moyenne de la course.
Il est inutile de forcer l'allure à un moment donné si on est obligé de rester au pas un long moment pour récupérer.
Avec l'expérience, c'est le cheval qui vous "dit" quand il a récupéré d'une grosse côte. Le rythme et le son de sa respiration, l'amplitude des foulées, l'éveil et le tonus général vous renseignent sur sa récupération.
Si un cheval est mené au-dessus de ses possibilités du jour, il augmente ses risques de "tomber" en hypoglycémie : il s'arrête ne veut plus avancer et se jette sur tout ce qui ressemble a de la nourriture (il a une "fringale"). Il faut le nourrir et lui laisser le temps d'assimiler. On peut dans ce cas lui donner des sucres rapides. (morceaux de sucre...)

e - les haltes vétérinaires

Vous avez deux objectifs :

1 - L'objectif principal est de mettre le cheval dans les meilleures conditions pour récupérer de ses efforts et lui permettre de continuer la course.
- Il faut l'aider à réguler sa température : Continuer à le refroidir, ou plus rarement à le maintenir au chaud dans les cas de froid vif et de vent. (Pour refroidir ne pas mouiller le ventre, le dos et les reins).
- Il faut réhydrater : il est possible d'utiliser des électrolytes, mais souvent les électrolytes sur le marché sont conçus pour des sprinters : ils combattent l'acidose alors qu'au contraire l'effort d'endurance met le cheval en alcalose métabolique (manque de chlore, potassium, sodium, calcium, magnésium).
- Il faut éviter les crampes (des massages peuvent remplacer avantageusement le fait de marcher).
- Il faut le laisser tranquille. Le stress est très nuisible à la récupération du cheval. Il faut lui éviter l'agitation et la nervosité (même si on est sous pression), Il ne faut pas non plus le sortir de ses repères habituels. Si on le douche ou si on le masse. Il doit y être habitué.
- Il faut, sur les courses longues, le nourrir avec des aliments facilement assimilables.
- Il faut surveiller le bon fonctionnement des reins. Pour les chevaux qui n'urinent que sur la paille, ne pas oublier d'en amener quelques poignées.

2 - Le deuxième objectif est de passer avec succès le contrôle vétérinaire.
- Les points que contrôlent les vétérinaires sont des indices qui vous aident à mieux connaître l'état de votre cheval.
Contrôle de la déshydratation : Les déficits en eau (de 20 à 40 L ou plus) s'observent par :
La persistance du pli de peau à l'épaule, l'enfoncement des yeux, Le mauvais remplissage capillaire de la gencive, (elle doit retrouver sa coloration en moins de 3 secondes), La sécheresse et la diminution des crottins, La baisse de l'élimination urinaire.

f - après la course

Ne pas donner à manger dans les 2 h qui suivent de l'effort (à part du foin).
L'organisme à besoin de se rééquilibrer lentement, ce n'est pas le moment de le surcharger La masse sanguine n'est pas disponible pour la digestion avant 2 à 3 h. Si on donne des aliments concentrés, trop tôt, on risque des coliques.
Même si on est arrivé et fatigué, il est indispensable de fournir les mêmes soins que pendant les haltes vétérinaires.
On peut poser des emplâtres sur les membres. Ils favoriseront le drainage.
Le Lendemain, offrir au cheval une récupération active (sortie calme avec des petits trots pour aider l'élimination des déchets)
Il faut impérativement surveiller attentivement le cheval pendant les 2 à 3 jours qui suivent une course, même si tout s'est bien passé.
Plus la différence est grande entre son niveau d'entraînement et l'effort auquel il a été soumis, plus il mettra de temps à récupérer complètement.

LES AUTRES FACTEURS INTERVENANT DANS L’EFFORT ( cf. article sur l’entraînement du cheval)

a) les différents métabolismes énergétiques de l'effort concernant les fibres musculaires.

Certaines fibres musculaires sont-elles mieux adaptées à l'effort d'endurance ?
Quelle est l'influence de l'entraînement sur ces fibres ?
Quelles sont les races de chevaux ou elles sont dominantes ?

b) les membres, les pieds et la ferrure doivent supporter cet effort.

Quelles doivent être les caractéristiques, les soins et les entraînements de chacune de ses parties ?

L’analyse de l'effort du cheval ne s'applique qu'à un cheval entraîné, quel que soit le niveau de la course : qualificative, régionale ou nationale.

Gérard PICARD


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