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Techniques cheval : L'entrainement

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24/04/2008 18:01:10


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Définition :

Un cheval entraîné‚ est un cheval adapté à l'effort auquel on le destine. Cette adaptation se fait de deux manières :
- Adaptation mentale.
- Adaptation physique.

Quelques remarques générales :

A) Il n'existe pas un entraînement unique valable pour tous les chevaux, tous les cavaliers.

Nous allons donc vous indiquer les principes généraux de l'entraînement à l'endurance. Ils vous permettront de construire et de faire évoluer un plan d'entraînement adapté à votre cheval et à vous-même.

B) L’entraînement et les méthodes de nutrition destinés aux athlètes humains ne sont pas transposables aux chevaux. Un homme et le cheval sont très différents

Homme Cheval
Vitesse maxi 36 km/h 72 km/h
Poids du cœur 0,40 0,86
Production. de Lactates + ++
F.C. mini … maxi 60 … 180 (bat./mn) 40 … 220 (bat./mn)

C) le sur entraînement est considérablement plus nuisible que le sous-entraînement.

Le sous entraînement se manifeste de manière visible, en particulier lorsque le cheval ne peut finir avec aisance une course.
Le remède :
On ralenti avant l'apparition de réels problèmes.
Après la course on accorde un temps de repos suffisant pour que le cheval se remette de notre erreur.
- On construit un plan d'entraînement mieux adapté au niveau de son cheval et on ajuste le niveau des compétitions à ses possibilités actuelles.

D) Le sur entraînement, au contraire, est difficile à déceler et très long à supprimer.

Les signes révélateurs apparaissent progressivement et de manière diffuse perte d'intérêt, de tonus général et de gaieté. perte d'appétit, amaigrissement non réversible. récupération à l'effort de moins en moins bonne.
Si on veut sortir de cette spirale négative, il faut accorder un temps de repos de plusieurs mois avant de reprendre l'entraînement.

E) Notion de cycles d'entraînements.

C'est une alternance entre les périodes de travail et les périodes de repos. Le travail fait progresser le cheval par paliers, par sauts qualitatifs. Il a besoin de périodes de repos pour assimiler et consolider ses nouvelles capacités.
Cycle annuel : Il commence après le repos hivernal et culmine à la dernière grande épreuve.
Il se décompose en cycles progressifs, séparés par des périodes de repos.
Il est indispensable de laisser une période de repos complet au cheval, l'hiver, pour se remettre des lésions (visibles ou indécelables) accumulées pendant toute la saison.

F) Progression :

Le début de chaque cycle annuel, comme l'entraînement du jeune cheval, commence toujours par un travail d'endurance fondamentale (lente et longue).
Une fois celle-ci acquise ou consolidée, on peut travailler la puissance (intensité plus forte).
Tout se passe comme s’il fallait d'abord augmenter le volume du cœur (endurance fondamentale), avant de muscler et d'épaissir ses parois (travail en puissance et en résistance).

G) Organisation pratique :

Construire par écrit un planning prévisionnel d'entraînement.
Noter en parallèle le travail réellement effectué, les conditions (météo et autres... dans lesquelles il se déroule, ainsi que les récupérations.
Noter l'alimentation, les vermifuges,...
Cela vous aidera à comprendre les progrès ou les difficultés de votre cheval et à adapter votre entraînement.

Les adaptations produites par l'entrainement:

l) Adaptation mentale :

Le cheval est un animal très sensible au stress, c'est l'héritage de sa condition de "proie" dans la nature. La perturbation due au stress diminue considérablement ses capacités physiques.
L’Adaptation psychique à l'endurance se fait de plusieurs manières:

a) Habitude à la durée de l'effort

Le prolongement de l'effort au-delà d'une certaine durée, même sans fatigue excessive, est directement générateur d'un stress très perturbateur.
Il faut donc habituer progressivement le cheval à la durée des compétitions.

b) "Habitude à l'inhabituel" 

Le cheval adore les routines, cela le calme et le sécurise.
Il faut donc progressivement l'amener à accepter les changements de lieux, de partenaires et surtout d'horaires (heures de travail, de sommeil, de nourriture, ..)
Les voyages et les stations dans le van doivent devenir des routines.

c) Désensibilisation de l'instinct grégaire

Le cheval est toujours attiré par ses congénères, ce qui peut nous gêner quand on a besoin de le séparer des autres. (pendant le Vêt-gate et sur la piste).
Il doit être habitué à quitter les autres. Vous devez devenir sa référence principale, son compagnon privilégié et respecté.

2) Adaptations physiques:

a) Adaptations cardiovasculaires :

- Augmentation du débit cardiaque (par la fréquence cardiaque et le volume sanguin éjecté).
- Orientation préférentielle du sang vers les muscles.
- Amélioration de l'utilisation de l'oxygène dans la cellule.
- Amélioration du retour veineux (pompes musculaires et respiratoires).

b) Adaptations respiratoires (c'est rarement une limite à l'effort d'endurance)

Augmentation du volume de ventilation.
Amélioration des ‚changes gazeux au niveau cellulaire.

c) Adaptation de la thermorégulation (éliminer la chaleur produite par l'effort)

- Acclimatation à la chaleur extérieure,
- Amélioration de la thermorégulation qui se fait selon 3 modes
Sudation. Elle est efficace si l'eau s'évapore mais est perturbée par une ambiance chaude et humide,
Hyper Ventilation pulmonaire.
Vasodilatation cutanée. Elle est améliorée par une peau fine et un poil très court.

d) Adaptations musculaires :

- Amélioration de l'efficacité des fibres de type 1 *. Elles ont une contraction lente et une efficacité prolongée. Ce sont les fibres principales de l'endurance fondamentale.
- Amélioration des capacités oxydatives des fibres de type Il A* (Fibres intermédiaires de contraction intense mais brève).
- Transformation partielle des fibres II B * (qui produisent beaucoup d'acide lactique), en fibres II A . L’entraînement … l'effort prolongé durant 2 semaines transforme une partie des fibres II B en fibres II A. Il n'y a plus d'amélioration après cette durée et cette adaptation dure pendant 6 … 15 semaines après la fin de l'entraînement.

e) Adaptations ostéo-articulaires

- Renforcement des articulations.
- Augmentation de la solidité osseuse (Densité).

Remarques:
Respecter une progression très lente dans le travail en terrain lourd et terrain dur.

f) Adaptations proprioceptives (le cheval devient plus adroit sur soli inégal, difficile,... ) :

- Amélioration des sensations et la rapidité des réactions permettent de protéger les membres et les articulations des traumatismes, des "faux mouvements".

g) Apprentissage des gestes techniques :

La course est naturelle pour le cheval, mais l'expérience de l'endurance le fera progresser vers l'économie et l'efficacité des gestes :
Une foulée économique au trot (plus ‚tendue et dirigée vers l'avant).
Une foulée économique au galop (avec un minimum d'effet de bascule)
La gestion autonome de ses équilibres (terrain plat, dénivelé, sols mous).

Remarques:
L’endurance nécessite, à l'entraînement comme en compétition, de parcourir un très grand nombre de kilomètres d'où l'importance fondamentale de travailler sur des aplombs corrects et une bonne ferrure. Une négligence à ce niveau ruinerait tous vos efforts,... et le cheval.

L'entraînement à l'endurance

Il faut distinguer : le travail en endurance fondamentale et le travail en puissance

- L’endurance fondamentale (ou endurance générale, métabolique ou travail en aérobie).

L’intensité d'effort correspond à un trot moyen en terrain excellent et plat.
Ce travail améliore les capacités du cheval à soutenir un effort modéré pendant un temps très long.

- Le travail en puissance-résistance

Ce travail s'effectue à grande intensité. Il est traumatisant pour les membres.
On a 2 possibilités :
- Un travail en continu dans du dénivelé pour éviter les inconvénients de la vitesse et épargner les membres,
- Un travail par intervalles à une intensité proche de FC, 4 * sur terrain excellent, piste de galop, plage...

Les objectifs de ce type de travail sont d’élever le seuil aérobie, c'est à dire retarder l'apparition des lactates.
Muscler le cheval en vue d'une course en dénivelé (augmenter la puissance).

Remarques:
La difficulté principale de l'entraînement réside dans le dosage des efforts à faire subir progressivement au cheval.
Si la contrainte imposée n'est pas suffisante : il n'y a pas réellement adaptation.
Si la contrainte est trop forte : il y a problème et création d'une faiblesse (boiterie ou autre) au lieu d'un renforcement. Vouloir aller trop vite est au minimum une perte de temps.

A) Entraînement du jeune cheval:

ÉLEVAGE:
- Les conditions de croissance influent directement sur les futures capacités de l'adulte.

ALIMENTATION:
- Favoriser l'utilisation de sources d'énergies lentes : aliments assez pauvres à base de bons fourrages mais avec une complémentation minérale pour éviter les carences et assurer la solidité de la charpente.

Rechercher une croissance lente, jamais de surcharge pondérable.
Éducation proprioceptive : terrains variés si possible.
Le poulain doit être raisonnablement habitué au froid et au chaud, au soleil,

B) Entraînement de 4 à 6 ans (à moduler suivant la précocité de l'individu)

C'est une éducation progressive à tout ce qui constituera sa carrière en endurance :

1) Travail en terrain varié, au pas pour lui faire un dos solide et porteur.
Préférez une sortie lente de 4 h (entrecoupée de longs temps de pas) à 4 sorties d'une heure.
2) Dressage de base pour l'assouplir et le muscler. (incurvations, variations d'attitude)
3) La randonnée à cet age là a beaucoup d'avantages
- des temps sous la selle de plus en plus longs, expérience de l'inconnu et du changement. (lieux calmes ou agit‚, apprentissage lent de tous les sols difficiles, le cheval apprend la persévérance, il ne tire plus sans arrêt, il apprend à quitter régulièrement ses nouveaux compagnons, il apprend, sans violence, l'obéissance régulière à vos demandes, il s'habitue à des aliments différents et à boire des eaux avec un goût différent, il reste calme à l'attache et voyage sans stress.
4) Travail en Endurance fondamentale (Endurance métabolique, en aérobie).
- Ce travail doit être abordé très légèrement dans l'année des 4 ans. Il sera repris ensuite au début de chaque saison. Tous les ans il sera intensifié en durée mais peu en vitesse, car le travail en puissance ne sera pas abordé réellement avant l'age de 6 ans.
Un cycle d'entraînement à l'endurance fondamentale dure de 2 … 4 mois pour un cheval en état, (et pas trop gros au départ).
Un délai de 5 à 6 jours est nécessaire entre chaque grosse charge de travail.
On utilisera beaucoup les trottings.
Il existe un moyen pour allonger les temps de trot sans démoraliser le cheval
Toutes les séances de ce travail auront une durée totale de 1 h (suivi d'un temps de retour au calme au pas),
5) Travail de mise en souffle : On effectue des bouts vite galop court et rapide sur un excellent terrain. (Le travail en côte permet le même type d'effort en épargnant les membres.)

Remarques:
Une façon simple et efficace de compléter l'entraînement est de participer régulièrement à des petites courses faciles, en ne cherchant pas la vitesse.
Cela constitue des entraînements grandeur nature qui habituent votre cheval à tous les paramètres réels des courses futures.

C) Entraînement du cheval adulte et expérimenté:

Autant le travail pour amener à l'endurance un cheval neuf est long et lent. (Il se déroule sur plusieurs années). Autant le travail sur un cheval "fait" doit être léger. Ce qui n'empêche pas le sérieux et la méticulosité de la préparation.
Les acquis du cheval durent beaucoup plus longtemps que chez l'homme. Chaque année, au printemps, lorsque vous recommencerez l'entraînement, vous retrouverez rapidement le niveau de sa fin de saison dernière, parfois même le cheval à progressé (mûri) pendant son repos hivernal.
Après le repos hivernal, on recommence toujours par de l'endurance fondamentale (travail assez lent) pendant 1 ou 2 mois pour éliminer le poids superflu et revenir en forme.
On peut aborder ensuite le travail en puissance (en vue d'une grosse épreuve).
L'adaptation principalement recherchée dans le travail en puissance aérobie concerne les lactates produits dans le muscle quand l'effort dépasse le seuil aérobie*.
Cette adaptation se fait de plusieurs manières :
on retarde l'apparition de lactates non-recyclés immédiatement,
on habitue le muscle à travailler malgré la présence de lactates,

on développe les capacités rapides de recyclages de ces lactates. Cela correspond au "plus" de ces chevaux très expérimentés que l'on voit récupérer à vue d'œil lors des arrêts ou même sur la piste, après un effort important.

Organisation d'un travail en puissance
il dure 3 semaines maximum, les améliorations se maintiennent pendant 5 à 6 semaines, 3 à 4 jours de repos sont nécessaires après un fort travail, si on effectue des bouts vite (galop très rapide et court), on n'en fera qu'un par semaine, ce travail peut se faire de plusieurs manières : en continu ou par intervalles.

Le travail en continu est l'entraînement le plus souvent utilisé :
On réalise d'abord un échauffement long et progressif.
Puis on demande au cheval un effort suffisant pour le faire entrer par moment dans la zone anaérobie* (au-dessus de 150 bat./mn en général) et on récupère de ces moments forts par des temps de trot moyen (récupération active)'.
Pour atteindre le niveau d'effort demandé‚ il est préférable d'utiliser le dénivelé plutôt que d'augmenter la vitesse.
Le dosage progressif des durées et des niveaux d'efforts est très important.
Le travail par intervalles est réservé aux chevaux et aux cavaliers pouvant effectuer un suivi très rigoureux de l'entraînement.

Principe du travail par intervalles :
- on alterne des efforts courts au galop rapide et des temps de récupération au trot,
- la durée, l'intensité‚ de chacune de ces deux phases doivent être très précises afin d'atteindre le but recherché : le développement de la capacité aérobie

Nous verrons ultérieurement la pratique de cette méthode d'entraînement à l'endurance.

Remarques
La préparation du cheval tient en grande partie au choix des courses préparatoires, qui par des difficultés progressives, vont l'amener au niveau voulu.
Le respect d'une durée suffisante de repos entre les courses est primordial. Il permet la mise en place des mécanismes d'adaptation et la reconstitution des réserves.
Au cours de la saison un cheval qui a atteint son top-niveau n'a besoin que d'un travail d'entretien pour maintenir sa forme. La majorité des adaptations durent plus d'un mois.
Seule la surveillance régulière de l'aisance et de la récupération du cheval va vous permettre d'ajuster la progression des efforts demandés à l'augmentation de ces capacités.
Il faut rapporter les termes techniques suivis d'une astérisque * et les valeurs données (fréquence cardiaque, lactatémie,... ) … l'article "Effort et récupération du cheval d'endurance".

Gérard PICARD


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