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Les principales maladies du
cheval : Typologie
Quel cavalier n’a pas confondu, un jour, la gourme et la morve
?
La morve et le cornage ?
N’avez-vous jamais été impliqué dans une conversation sur la santé du
cheval avec un interlocuteur vous assommant de termes étranges et savants ?
Vos acquiescements muets dissimulant à la perfection votre ignorance et votre
honte, vous vous engluez davantage dans un dialogue de sourd, sans oser demander
ce qu’il faut entendre par “Rhinopneumonie” et “Hémiplégie laryngée”.
De deux choses l’une : soit vous êtes un simplet ignorant, soit vous êtes un
soigneur hors-pair car, grâce à vos bons soins, votre cheval n’a jamais eu
à souffrir d’aucun mal...
Soyons sérieux ; laissons aux vétérinaires le soin de tout savoir et, si
possible, évitons de jouer les érudits pour épater la galerie.
Il est tout de même curieux d’observer que, parfois, deux personnes
passionnées de chevaux, mais à un degré d’expérience différent, ne
puissent accorder leurs violons.
Le but du présent dossier n’est pas d’offrir un éventail exhaustif des
différentes maladies équines et les moyens de les soigner. Nos colonnes ne
suffiraient jamais à contenir la prose des milliers d’ouvrages qui garnissent
les étagères des bibliothèques de médecine vétérinaire. La seule
bibliothèque d’un vétérinaire équin a déjà de quoi faire frémir... Nous
allons présenter ici les principales affections que peut rencontrer le cheval
sous nos latitudes et les moyens de les éviter quand cela est possible. “Mieux
vaut prévenir que guérir”.
Typologie
Les maladies équines peuvent se classer en différentes familles :
- Les maladies virales
- Les maladies microbiennes et mycosiques
- Les allergies
- Les maladies respiratoires
- Les maladies de l’appareil digestif
- Les maladies de la locomotion
Les Maladies Virales
Les maladies virales sont causées par le contact de l’organisme avec un
virus.
Ces maladies peuvent être évitée par un vaccin
La Grippe Équine
Très répandue dans le monde.
Symptômes :
Hyperthermie (40° et plus) et abattement intense. Guérison en 10-15 jours.
Forte contagiosité.
Comment l’éviter ?
Vaccination tous les 6 mois après la primo vaccination (2 injections à 30
jours d’intervalle.).
La vaccination est obligatoire sur les compétitions et recommandée partout.
La Rhinopneumonie
Cette maladie connaît une recrudescence importante chez nous depuis 2
ans.
La cause majeure est probablement le prix élevé du vaccin,
écarté par souci d’économie...
La maladie est due à un virus du type Herpès, c’est-à-dire qui ne quitte
jamais l’organisme une fois qu’il l’a investi.
Symptômes :
Il existe trois formes de rhino pneumonie :
- Forme respiratoire :
Ressemble à la grippe équine, avec toux et jetage par les naseaux.
Les symptômes régressent en 10-15 jours mais la rémission complète demande
plusieurs semaines.
- Forme abortive :
Chez les jument gestantes, l’avortement survient durant la 2e moitié de la
gestation.
Le diagnostic peut être établi sur l’observation de certaines lésions des
voies respiratoires de la jument ou par l’examen de l’avorton.
- Forme nerveuse :
C’est la forme la plus grave et c’est une complication des formes
précédentes.
On observe d’abord une paralysie du train postérieur qui peut soit s’estomper,
soit progresser et provoquer une paralysie respiratoire qui peut entraîner la
mort.
Comment l’éviter ?
Les vaccins actuels tendent surtout à prévenir la rhino
pneumonie abortive (2 injections à 30 jours d’intervalle, suivies de rappels
réguliers, fréquence selon fabriquant).
La protection contre la forme respiratoire est difficile, d’où l’intérêt
de cumuler le vaccin contre la rhino pneumonie avec un vaccin contre la grippe
équine.
La Rage
La rage est une maladie qui concerne tous les mammifères, l’homme y
compris.
Cette omniprésence potentielle est un facteur facilitant grandement la
circulation du virus de la rage... quand il existe. Chez nous, il est, parait-il
éradiqué.
Le risque demeure toutefois, surtout en Ardenne (renard), où le vaccin est conseillé pour tous les chevaux.
Symptômes :
Contamination par morsure.
Le cheval devient très excitable et indocile, il s’en suit des spasmes
musculaires, une paralysie du train postérieur et un arrêt de l’alimentation.
La rage est régulièrement mortelle, d’où l’extrême prudence à observer
en cas de suspicion de rage.
Comment l’éviter ?
Vaccination. Primo-vaccination dès l’âge de 6 mois, suivie d’un rappel
annuel
La Peste ÉquineEn principe, la peste équine est inconnue chez nous ; elle existe en
Espagne, au Portugal et en Afrique du Sud.
Symptômes :
Il existe deux formes principales, toutes deux mortelles.
- Forme suraiguë (“pulmonaire”).
Hyperthermie (40-41°), augmentation du rythme respiratoire. Mort en 4 à 6
heures.
- Forme aiguë (“cardiaque”)
Température ondulante, muqueuses rouges, larmoiement. Respiration accélérée,
affaiblissement des battements cardiaques. Toux, jetage mousseux. Salières
gonflée. mort dans 90 % des cas.
La maladie peut combiner les deux formes. La transmission du virus se fait par
inoculation, (contact avec le sang).
Les insectes qui se nourrissent de sang (moustique, taon) jouent un rôle
important dans la transmission du virus.
Comment l’éviter ?
Pas de panique, chez nous, la peste équine n’existe pas, mais l’importation
de chevaux en provenance de régions infectées pourrait amener le virus dans
nos contrées. Autrefois sévères, on peut se demander ce que deviennent les
contrôles aux frontières... En cas de doute, l’animal est mis en quarantaine
et examiné.
Il existe un vaccin efficace, utilisé dans les régions
infectées, mais qui n’est pas utile chez nous.
Les maladies microbiennes et
mycosiques
Les maladies microbiennes et mycosiques sont causées par le contact de l’organisme
avec une bactérie ou un champignon. Certaines de ces maladies peuvent être
évitée par un vaccin La Gourme
C’est l’angine du cheval. Cette maladie est causée par une bactérie
appelée “streptocoque”.
Les jeunes chevaux l’attrapent plus facilement que les autres et s’en
remettent également plus facilement que les vieux.
Symptômes :
L’appétit fait défaut. Température (39,5 à 41°). Un jetage purulent s’écoule
par les naseaux, d’abord blanc, puis vert (présence de pus). Le pharynx et le
larynx sont enflammés. Toux douloureuse. Au bout d’un certain temps (6 jours
à 3 semaines) et en l’absence de soins, des abcès apparaissent dans le
système lymphatique (ganglions), dans la région de la gorge. Plus tard, les
ganglions percent, la fièvre tombe et le cheval guérit.. Complications
possibles : abcès pulmonaires ou abdominaux. Le diagnostic s’établit avec
certitude par analyse laboratoire du jetage.
Comment l’éviter ?
Bien que pénible et spectaculaire (drainage des abcès), l’affection n’est
pas trop grave et les chevaux guérissent généralement bien. Il n’existe pas
de vaccin dans le commerce, mais on peut toujours faire fabriquer un “autovaccin”
dans une université de médecine vétérinaire. La surpopulation et le manque d’hygiène
général sont des facteurs qui favorisent l’apparition de la maladie. Il
convient d’isoler les individus atteints et de bien désinfecter l’écurie
et le matériel de soin et de pansage. Les jetages peuvent se retrouver n’importe
où et contaminer un autre cheval.
Traitement par antibiotiques adaptés.
Le Tétanos
Maladie redoutable causée par un germe : le Clostridium Tetani, qui se
développe à l’abri de l’oxygène, notamment dans la terre et le sable
(piste), mais aussi dans les blessures externes profondes ou internes, causées
par l’ingestion d’une épine ou d’une écharde.
Symptômes :
Spasmes musculaires, saillie de la 3e paupière lorsque l’on touche la tête
(chanfrein ou bas de la mâchoire), expression d’anxiété, raidissement
progressif des membres, alimentation difficile, température, sueur. Le sujet
meurt de paralysie respiratoire ou de broncho-pneumonie due à une “fausse
route” des aliments.
Comment l’éviter ?
Étant donné la grande fréquence du bacille causant le tétanos, le vaccin
apparaît comme indispensable, tout comme chez l’homme d’ailleurs. Le
premier vaccin est en réalité un rappel que l’on fait à la jument avant la
naissance du poulain, de sorte que le colostrum (premier lait chargé d’anticorps)
qu’il ingurgitera dès qu’il sera debout le protégera avant son premier
sérum antitétanique, à l’âge de 1 jour, son premier vaccin à l’âge de
3 mois. Ensuite, rappel tous les ans et lors de blessure.
La Leptospirose
Cette affection est très répandue chez nous. Elle est généralement
véhiculée par les rongeurs (souris, rats), qui la communiquent eux-mêmes à l’eau
par leur urine. C’est donc principalement l’eau qui amène la maladie au
cheval. Les leptospires s’installent dans le foie et dans les reins. Le cheval
est naturellement résistant aux leptospires. Le plus souvent, il montre des
signes passagers de méforme.
Symptômes :
Fièvre, dépression, anorexie, urine peu abondante et brune, diarrhées,
constipation, douleurs musculaires.
La maladie peut également adopter un forme aiguë (rare, mortelle), et une
forme chronique (états fébriles répétés, amaigrissement, avortement,
inflammation de l’œil).
Comment l’éviter ?
Il existe un vaccin, mais il n’est pas adapté au cheval
(c’est le même que pour les chiens). Il n’est donc pas très efficace. La
précaution peut quand même s’avérer utile pour protéger les autres
individus d’un groupe dans le cas où l’un d’eux serait atteint. Sinon, la
première mesure de prévention est de combattre la présence des petits animaux
porteurs dans les écuries : pièges, etc. La seconde consiste à étudier les
lieux, notamment la prairie, afin de voir si des égouts ne s’y déversent pas
(points d’eau où s’abreuvent les chevaux), si le terrain n’est pas trop
humide (un drainage peut s’avérer nécessaire), ou s’il ne voisine pas une
fosse septique ou une zone agricole avec épandage intempestif.
La Morve
En principe, n’existe plus en Europe. La morve est une affection d’origine
bactérienne et atteint le système respiratoire
Symptômes :
Il existe une forme aiguë (broncho-pneumonie foudroyante) avec toux, fièvre et
inflammations des ganglions ; et une forme chronique : jetage purulent, perte
importante de poids, fièvre.
Comment l’éviter ?
Éviter le contact avec les animaux malades et la consommation d’eau ou de
nourriture en contact direct avec des chevaux malades.
La Piroplasmose
C’est la Malaria du cheval. On ne la rencontre donc pas directement
chez nous, mais bien dans la moitié sud de la France et tout le bassin
méditerranéen. La transmission est assurée par diverses espèces de
moustiques et surtout de tiques qui vivent dans les haies et les bois, et
transmettent au sang un protozoaire, animal microscopique, parasite du globule
rouge et provoquant l’anémie.
Symptômes :
Fièvre, dépression, inappétence, amaigrissement, muqueuses pâles ou jaunes,
oedèmes, coliques, et coloration brune des urines.
Comment l’éviter ?
Pas de vaccin. Destruction des biotopes favorables aux tiques dans le voisinage
du cheval.
Inspection du cheval et traitement préventif aux agents anti-acariens.
Elles peuvent être respiratoires ou cutanées. Elles dépendent beaucoup de l’individu
et sont donc difficilement prévisibles. La qualité de l’environnement y est
souvent pour beaucoup. La lutte contre les allergies en est encore aux
balbutiements pour le cheval. Il s’agit des auto-vaccins, conçus sur mesure,
pour les besoins du cheval. C’est très onéreux et les résultats sont
relatifs.
Les Allergies
Le Dr Lamolle observe ces dernières années une nette augmentation des
allergies chez le cheval.
Selon lui, les nouvelles méthodes de moissonnage et de battage seraient en
cause : dans les tiges de foin et de paille se trouve une pellicule blanchâtre
qui sèche en même temps que le reste.
Les batteuses tournant de plus en plus vite et hachant les végétaux de plus en
plus cours, on obtient un séchage plus rapide, mais cette pellicule blanche se
craquelle et se désintègre en minuscules particules volatiles.
Elle se retrouve dans le ballot, entre les tiges et est respirée par le cheval.
On le voit : même un foin exempt de terre et de poussière n’est pas à l’abri
de tout soupçon.
On recense ainsi des chevaux qui n’ont jamais mangé que de l’herbe
développer une allergie en mangeant du foin !
Cela dit, il existe aussi des cas de chevaux allergiques à l’herbe (!) Les
pesticides pulvérisés y sont généralement pour quelque chose...
La sélection, par les producteurs de céréales, de graines donnant des plants
dont la farine est plus fine est aussi de nature à nuire à l’appareil
respiratoire, car quand le grain est aplati, il libère cette farine et le
cheval la respire, le nez confiné dans sa mangeoire.
Comment les éviter ?
Le recours au foin pré-fané est une solution efficace pour les chevaux
sensibles aux affections respiratoires, même s’il est onéreux. Cela dit,
outre son aspect sain, le pré-fané se “rattrape” en étant plus
énergétique que le foin normal. Il faut donc en servir moins. Le cas
échéant, le trempage du foin avant consommation évite la volatilisation des
particules indésirables dans les poumons du cheval (immergez la quantité
voulue de foin durant une demi-heure dans un tonneau, si possible avec de l’eau
courante). Ce trempage vaut aussi pour les céréales concassées ou aplaties
dont les farines sont également volatiles (humidifiez superficiellement et
mélangez). Pour la litière, on peut aussi remplacer la paille par de la sciure
(dépoussiérée), ou d’autres litières (papier, chanvre).
Nous avons lu aussi le conseil suivant : lors du nettoyage du box et des locaux
: vaporisez un peu d’eau sur les litières et autres déchets d’écurie afin
d’éviter l’envol de la poussière sous les coups de balai.
De toutes les maladies qui touchent le cheval, les affections respiratoires
sont les plus fréquentes.
Le cheval est un grand animal, avec une capacité pulmonaire en rapport : la
surface alvéolaire de ses poumons couvrirait une piscine olympique. Bien que la
santé de son appareil respiratoire soit primordiale, elle est sérieusement
mise à mal du fait de son mode de vie domestique qui l’expose davantage que
la vie sauvage aux poussières et autres résidus volatiles (paille et foin)
dans l’espace confiné de son box, ainsi que la terre, le sable et la
poussière sur la piste (surtout si elle est mal entretenue), sans oublier la
pollution atmosphérique.
Les maladies respiratoires
L’Hémiplégie laryngée
Plus connue sous le nom de “Cornage”, cette affection se caractérise
par une paralysie de la partie gauche du larynx (cordes vocales). Cette
paralysie entraîne en affaissement de cette partie du larynx et de la corde
vocale correspondante qui vibre bruyamment et involontairement au passage de l’air,
et surtout, obture partiellement la trachée.
Symptômes :
Selon le cas, le système respiratoire émet des sifflement ou des ronflements
quand il est plus ou moins sollicité. La capacité respiratoire est limitée,
les performances du cheval s’en ressentent.
Comment l’éviter ?
Plusieurs causes peuvent être à l’origine du cornage : une complication
laryngée de la gourme ou de la grippe ; un sur développement de l’artère
aorte dû à l’entraînement sportif peut léser le nerf du larynx ; l’injection
intraveineuse manquée peut aussi provoquer des lésion à ce nerf ; ainsi qu’une
prédisposition héréditaire.
Seule la chirurgie peut améliorer les choses en agrandissant l’ouverture
laryngée. Lorsqu’un cheval ”corneur” est atteint de gourme ou d’urticaire,
il est parfois nécessaire de recourir à la trachéotomie si, étant au repos,
l’équidé a du mal à respirer.
La Bronchite
Cette affection atteint les bronches. Lorsque qu’un agent nocif s’immisce
dans ses poumons, ceux-ci produisent du mucus pour isoler l’élément
indésirable et le cheval tousse pour se débarrasser de cet excès de
sécrétions qui encombrent les bronches.
Symptômes
Toux. Le cheval s’essouffle plus vite et récupère plus difficilement. La
bronchite seule peut être causée par des agents externes très divers. Ce qu’il
faut surtout savoir, c’est qu’une fois installée, l’affection
respiratoire rend le cheval beaucoup plus sensible aux virus et bactéries :
grippe, rhino pneumonie, etc.
Comment l’éviter ?L’environnement joue une grande part dans tous les
problèmes respiratoires.
Quand un cheval commence à tousser il convient de remédier d’abord à tous
les facteurs susceptibles de provoquer cette toux : foin de mauvaise qualité,
box mal situé, etc. Étant donné l’augmentation de l’exposition à d’autres
maladies virales ou microbiennes, la mise à jour des vaccins (rappels) est
doublement utile. Certains détails anodins peuvent favoriser l’apparition de
cette affection, comme changer la litière en présence du cheval ou panser ce
dernier dans son box (poussière)
La Bronchite C.O.P.D. (chronic obstructive pulmonary disease)
Il s’agit d’une bronchite qui ne cesse pas. L’allergie en est le
plus souvent la cause.
Symptômes
Quintes de toux. Le cheval respire plus du ventre que de la partie antérieure
des poumons (car près des bronches, c’est douloureux). L’effort sportif
devient impossible.
Comment l’éviter ?
Il aurait fallu intervenir plus tôt en modifiant l’hygiène de vie du cheval
en cherchant surtout à améliorer la qualité de l’air respiré. En l’absence
d’alternative immédiate, la mise au pré est une solution. La qualité du
foin et de la paille, notamment à l’heure actuelle, est à surveiller
étroitement (voir aussi allergies).
L’Emphysème pulmonaire
C’est le stade ultime, la ruine des poumons...
Les alvéoles pulmonaires ont subi des lésions irréversibles.
Hémorragie pulmonaire induite par l’effort
Cette affection très fréquente est due à l’effort sportif trop
important demandé au cheval. Très fréquente chez le cheval de course, l’hémorragie
se produit au niveau de la fine cloison alvéolaire (là où le sang entre en
contact avec l’oxygène respiré), par éclatement de vaisseaux sanguins
capillaires. Le sang se retrouve alors dans les poumons, parfois en très faible
quantité.
Symptômes
Présence de sang dans la trachée et/ou dans les naseaux. Réflexe de
déglutition et toux. On observe généralement une diminution des performances
au moment de l’hémorragie (due à une diminution de la capacité
respiratoire), surtout chez les chevaux de course, et, dans une moindre mesure,
chez les chevaux de manège. Souvent, le cheval baisse l’encolure et essaye de
tousser pour expulser ce sang qui le gène. Cette affection laisse
généralement des séquelles mais celles-ci sont souvent compatibles avec l’usage
normal d’un cheval de selle qui ne fait pas de compétition.
Comment l’éviter ?
Un entraînement adapté et progressif, sans chercher à obtenir des
performances très intenses et de longue durée, est le meilleur moyen d’éviter
cette maladie.
N.B. : Les maladies respiratoires ne se classent pas facilement car elles
sont toutes liées entre elles.
Par exemple, une bête grippe peut se terminer en emphysème avec hémorragie
pulmonaire
Les maladies de l'appareil
nutritionnel et digestif
Les parasites internes
Il s’agit des différents vers et larves qui s’installent dans le
tube digestif (ou ailleurs), après avoir été absorbés sous forme d’œuf,
par le cheval, et qui se nourrissent de sang (strongles, ténia, etc.), et
occasionnent des lésions à l’intestin, à l’estomac et au foie.
Symptômes
Selon le type de parasites : abattement, maigreur, poil piqué, diarrhées
(parfois sanglantes), coliques, oeufs ou larves dans le crottin, oeufs collés
sur les poils de la robe, ulcération et perforation de l’intestin et de l’estomac.
Comment les éviter ?
Vermifugation (ingestion d’un produit tuant les larves et les vers), plus ou
moins importante (de 2 à 6 fois par an) selon l’état du cheval et son
environnement.
En prairie, étant donné l’aspect cyclique du phénomène (ingestion de l’oeuf
par la bouche, développement de la larve dans le ventre et expulsion de
nouveaux oeufs dans le crottin, risquant à leur tour d’être absorbé par le
cheval), un assainissement et une rotation des pâtures peuvent s’avérer
très utile : épandage de chaux, hersage, drainage éventuel.
Pour décoller les oeufs de mouche sur les poils : utilisez du vinaigre chaud et
un peigne. (voir aussi coliques)
Troubles hépatiques
Les troubles du foies sont plus rares chez les chevaux de loisir.
Les chevaux de compétition, par contre, y sont davantage exposés à cause de l’usage
fréquent (et l’abus) de différentes substances "dynamisantes"
telles les vitamines et autres produits "miracle" censés améliorer
les performances.
On raconte beaucoup de choses à propos des coliques. Le terme désigne en fait
une douleur violente d’origine abdominale, quelle qu’en soit la cause.
Certaines n’ont pas pour origine un trouble digestif. C’est le cas des
coliques ovariennes chez la jument, et aussi des coliques urinaires, qui
concernent la vessie ou les reins. Mais il s’agit le plus souvent de coliques
digestives causées, pour 80 % d’entre elles, par des erreurs alimentaires :
la nourriture n’est pas de bonne qualité ou est avariée ; l’animal mange
mal, soit parce qu’il est stressé, soit parce que sa table dentaire n’est
plus en état.
On ne le répétera jamais assez :
- accordez au cheval tout le calme nécessaire à son repas
- fractionnez la ration journalière en plusieurs petites rations
- le fourrage se donne avant l’eau, et l’eau avant le grain
Les coliques
Au niveau digestif, on distingue trois sortes de coliques :
les coliques mécaniques (ou d’obstruction), c’est à dire liées à la
présentation des aliments et à leur réaction mécanique dans le tube
digestif. L’aliment, de part sa nature ou du fait qu’il n’est pas
mélangé à une substance le rendant plus digeste, “accroche” au lieu de
glisser, ou bien il gonfle en s’imbibant d’eau, de salive et de suc (pulpes
de betterave, notamment), ce qui provoque une obstruction, un “bouchon”.
C’est l’indigestion du cheval.
les coliques par dysmicrobisme (ou chimiques), c’est-à-dire par
dysfonctionnement de la digestion proprement dite : l’aliment n’est pas
digéré (transformé) comme il le devrait et il provoque dilatations,
surcroîts d’acidité, ralentissements (voire arrêt) du transit, gonflements,
spasmes, congestion, obstruction...
les coliques dites “chirurgicales”, c’est-à-dire dues à une torsion
accidentelle du viscère, un retournement d’estomac, un éclatement...
Ce type de coliques peut être la conséquence des deux précédentes.
On peut aussi classer les coliques en :
colique gastrique (au niveau de l’estomac),
colique intestinale (au niveau de l’intestin).
D’autres coliques peuvent être causées
par un abreuvement inadapté, soit trop rare (l’aliment est alors trop sec),
soit trop froid et trop rapide (congestion de l’estomac) quand le cheval est
“chaud”, juste après l’effort
par des parasites : les larves sont avalées avec l’herbe, ensuite elles
circulent dans le corps selon un itinéraire propre à l’espèce avant de
s'installer dans les intestins, où deviennent adultes et pondent. Les oeufs
sont éliminés avec le crottin et éclosent dans l’herbe où le cheval les
ingurgitent à nouveau.
par une production de gaz qui ne trouvent pas la “sortie” (le cheval ne peut
ni vomir, ni éructer)
par l’utilisation de certains antibiotiques contre-indiqués pour le
traitement des chevaux ou le traitement de la nourriture elle-même (l’aliment
doit être prévu pour nourrir un cheval et non une vache ou un autre
animal...).
En effet, le cheval ne supporte pas certaines sortes d’antibiotiques tolérés
par d’autres espèces.
Et comme certains aliments sont traités aux antibiotiques...
Symptômes
Le cheval a très mal au ventre, il observe ses flancs, se campe, se couche avec
précaution. Dans les cas plus graves, le rythme cardiaque augmente jusqu’à
60-100 pulsations/minute. La vie du cheval est alors en danger.
Comment les éviter ?
Éviter l’abreuvement après l’ingestion de concentrés (grain, granulés,
etc.).
Ne pas nourrir le cheval uniquement avec des concentrés ; donnez-lui aussi du
fourrage ou tout autre “lest” alimentaire qui forme un volume suffisant dans
le tube digestif.
Ne changez pas trop brutalement de régime alimentaire. En cas de mise au pré,
créez une parcelle réduite dans la prairie de manière à endiguer une
éventuelle boulimie, et allez-y progressivement : 1h le premier jour, 2-3h le
jour suivant, etc., tout en diminuant la proportion de concentrés.
Laissez-le manger calmement et faites inspecter sa table dentaire de temps en
temps par le vétérinaire qui la rectifiera au besoin.
Que faire ?
Supprimez toute eau et nourriture. Appelez le vétérinaire en lui communiquant
rythme cardiaque et température, promenez le cheval s’il marche facilement.
Empêchez-le de se rouler.
Les troubles locomoteurs
Le syndrome naviculaire
Le syndrome naviculaire est une des causes les plus fréquentes de
boiterie chez les demi-sang. La maladie atteint les individus entre 4 et 15 ns,
parfois plus jeunes. Toutes les races sont touchées, même les quarter horses
et les races rustiques.
L’Arthrose
Le squelette du cheval souffre surtout aux articulations.
Et parmi ces articulations, celles du bas des membres sont évidemment les plus
exposées : boulet, jarret, genou, épaule.
Chaque articulation est formée de deux os distincts (ou davantage). Chaque os
est terminé par un cartilage et est séparé de l’autre par une poche
contenant un liquide lubrifiant : la synovie. Les os sont maintenus l’un
contre l’autre par des tissus mous : les ligaments. L’arthrose est une
déformation progressive des articulations au niveau de l’os proprement dit.
Cette déformation est due, soit à un défaut d’aplomb congénital qui n’a
pas été corrigé chez le poulain, soit à une utilisation trop précoce ou
inadéquate du cheval. En effet, les os et les articulations sont conçus pour
supporter au mieux toutes les forces, pressions et torsions encourues par le
squelette du cheval en les répartissant harmonieusement sur tous les os et sur
toutes les parties de ceux-ci.
Sur un cheval au modèle défectueux, panard ou cagneux par exemple, la
non-rectitude des membres aura deux effets :
- sur l’articulation : la surface de contact entre les deux os sera réduite
et la pression mal répartie. Conséquence : usure précoce des cartilages et
dégénérescence osseuse.
- sur l’os : la charge ne sera pas répartie de manière harmonieuse ; on “force”
sur l’os, celui-ci se déforme et développe un “suros”, c’est-à-dire
une excroissance susceptible de frotter contre les tendons ou les ligaments.
Symptômes
Douleur, boiterie, bruit articulaire, déformation osseuse visible. L’éparvin,
notamment, est une de ces déformations.
Comment l’éviter ?
Quand le poulain est jeune, il faut bien surveiller ses pieds et ses aplombs,
les corriger éventuellement avec l’aide du maréchal ferrant lors du parage.
Plus le cheval est jeune, plus il est aisé de corriger une malformation.
Plus il travaille jeune, plus ses articulations sont exposées à ces
déformations.
L’Ostéo-chondrite dissécante (O.C.D.)
C’est la fragilisation des cartilages qui se craquellent et partent en
petits éclats. Ces éclats voyagent dans l’espace intra-articulaire et
occasionnent des dégâts. Cette maladie - de plus en plus fréquente selon le
Dr Lamolle - est due à la nature même du cartilage qui s’altère, non par
érosion ni par déformation osseuse, mais par dégénérescence.
Symptômes
Douleur aiguë et fugace, boiterie parfois intermittente (le petit bout de
cartilage voyage...)
Comment l’éviter ?
La qualité et surtout l’équilibre de l’alimentation entre pour une grande
part dans l’apparition de l’O.C.D. : l’excès énergétique et l’excès
de calcium associé à la vitamine D, fragilise le cartilage et le rend cassant.
L’aspect génétique n’est pas à négliger : ces tendances peuvent être
héréditaires. Le travail inadapté en est également responsable. Les lésions
ne sont pas nécessairement irréversibles, mais une opération peut s’avérer
nécessaire pour évacuer le petit morceau de cartilage de l’articulation.
La fourbureLa fourbure, affectation des antérieurs par dégénérescence de la
corne du sabot sur un défaut d’irrigation sanguine, est due le plus souvent
à une erreur alimentaire.
Le microbisme d’écurie
L’hygiène environnementale du cheval est très importante. A ce sujet, il
est bon de savoir que le cheval est assez sensible aux changements de milieu.
Une grande quantité de virus et de bactéries séjournent dans son box. Ils
vivent en bonne entente avec le cheval car ce dernier a développé une
immunité à leur égard. Il y a donc dans l’écurie un certain équilibre
auquel il s’est habitué. Si on amène un nouveau cheval dans cette
même écurie, celui-ci sera confronté à un microbisme différent de celui
auquel il est habitué, et, pour s’y adapter, le cheval aura besoin de
quelques jours pendant lesquels il aura un peu de température, son nez coulera
légèrement, etc. Inversement, un nouveau pensionnaire amènera avec lui de
nouveaux microbes et virus que les autres chevaux n’ont pas l’habitude de
voisiner.
C’est le cas classique du cheval que l’on change de manège.
En randonnée, le cheval change chaque soir d’écurie, donc de microbisme. Son
système immunitaire est donc perpétuellement en alerte. On peut donc
dire que les chevaux rompu à cette merveilleuse discipline sont plus
résistants que certains autres, toujours au contact du même milieu. On
le voit, le cliché habituel “Cheval de randonnée = cheval rustique” n’est
pas usurpé.
Alain Willemart
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